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 Poutine vu de la France

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rusmaster
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MessageSujet: Poutine vu de la France   Sam 1 Déc - 14:51

Le journal Le Monde a écrit:
La campagne pour les élections législatives en Russie "ressemble à un match de foot dont on connaîtrait le résultat à l'avance", aime à répéter Grigori Iavlinski, chef du parti libéral Iabloko (centre gauche). Le vote du 2 décembre s'annonce en effet sans surprise.

Crédité de 62 % des suffrages, Russie unie, le parti du Kremlin, est assuré de remporter les trois quarts des 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement. Il est vrai qu'avec Vladimir Poutine comme tête de liste, le parti jouit de moyens administratifs et financiers autrement plus importants que ses concurrents. C'est à peine si les voix des dix autres partis parviennent à se faire entendre tant le rouleau compresseur de Russie unie écrase tout. "La Russie est en train de revenir au système du parti unique", dénonce Grigori Iavlinski.

A Moscou, les avenues sont inondées d'affiches publicitaires invitant à voter pour le "nº 10", Russie unie. Sur la place du Manège, un panneau de 50 mètres de long sur 10 de large affirme que "Moscou vote pour Vladimir Poutine". Les affiches qui annoncent que "le plan de Poutine, c'est la victoire de la Russie" sont partout et, pour ceux qui auraient encore du mal à comprendre, de nouveaux panneaux publicitaires, où l'on voit une main cocher la case "nº 10", celle de "Poutine", viennent de faire leur apparition.

Outre cette campagne d'affichage, Russie unie domine les autres parce que Vladimir Poutine, sa tête de liste, fait campagne dans l'exercice de ses fonctions. Quand il se déplace en province, comme il l'a fait le 13 novembre à Krasnoïarsk (Sibérie), parle-t-il en tant que candidat ou en tant que président ?

La commission électorale, prompte à mettre en garde les autres candidats sur ce point, n'a rien trouvé à redire. La Cour constitutionnelle non plus. L'un des partis en lice, l'Union des forces de droite (SPS, libéral, centre droit), a saisi cette instance : il a été débouté. Mais la population n'est pas dupe. Selon un sondage du centre d'études de l'opinion publique Iouri-Levada, 65,5 % des personnes interrogées (4 319 citoyens âgés de plus de 18 ans) estiment que les élections ne sont pas "justes".

D'abord, il y a la télévision, véritable machine à propagande du Kremlin. Selon un rapport publié le 13 novembre par le Centre de protection des journalistes, la Première chaîne (publique) a dernièrement consacré 96,5 % de son temps d'antenne au chef de l'Etat et au parti Russie unie.

Pas étonnant, dans ces conditions, que Russie unie ait refusé de participer aux débats télévisés aux côtés des autres partis. La formation conduite par le président Poutine (qui n'en est pas membre) a d'autres atouts pour se faire entendre.

Dès qu'un parti ou un candidat élève un tant soit peu la voix, il est laminé. C'est le cas des deux formations libérales, Iabloko et SPS. Créditées d'un très petit taux de suffrages - entre 2 % et 5 %, alors que le seuil minimum est fixé à 7 % -, elles sont constamment harcelées. L'Union des forces de droite a vu ses candidats menacés, ses tracts saisis, ses locaux perquisitionnés dans toute la Fédération de Russie.

Officiellement, il s'agissait de vérifier que les tracts n'avaient aucun contenu extrémiste. Amendée en juillet, la loi sur l'extrémisme étend cette notion à la diffamation de responsables politiques. Gêner le travail des autorités, des commissions électorales et des fonctionnaires relève désormais de l'"extrémisme", tout comme la participation à des manifestations ou la publication d'écrits critiques, facilement taxés d'"appel à la haine ethnique ou religieuse".

Dans le cas de Iabloko, la campagne a pris un tour dramatique avec l'assassinat par balles, devant chez lui, du candidat du parti Farid Babaev, tête de liste pour la région du Daghestan (Caucase). L'Autre Russie, le mouvement d'opposition conduit par l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, n'a pas été autorisé à se présenter parce qu'il n'est pas enregistré en tant que parti. Depuis la modification de la loi électorale, "les citoyens non affiliés à un parti sont privés du droit d'éligibilité".

Sans débats, sans programmes, sans enjeux, le scrutin du 2 décembre ne sert qu'à une chose : préparer l'élection présidentielle de mars 2008. La Douma, devenue une simple chambre d'enregistrement, ne compte pas.

En fait, la perspective d'obtenir un siège à la chambre basse est si peu attrayante que les têtes de liste de Russie unie au niveau fédéral et régional (soit tous les gouverneurs), à peine élus, vont se désister. A commencer par le premier d'entre eux, Vladimir Poutine qui ne risque pas de troquer son trône de président pour un mandat de député.

Avant tout, le vote du 2 décembre va servir de tremplin à Vladimir Poutine pour rester au pouvoir, même si la Constitution lui interdit d'exercer plus de deux mandats consécutifs. "Une victoire en décembre ouvre la voie à une victoire en mars", a-t-il assuré à ses partisans, le 21 novembre.

D'ores et déjà, des voix s'élèvent, qui réclament pour lui un statut de "chef de la nation". Selon la sociologue Olga Krychtanovskaïa, la Russie renoue avec son passé : "Les formes du pouvoir peuvent changer, l'esprit reste le même : une pyramide dominée par le tsar, le secrétaire général ou le président, appelez-le comme vous voulez", constate-t-elle.

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Dernière édition par le Mar 12 Fév - 15:06, édité 1 fois
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MessageSujet: La Fondation Robert Schuman   Sam 1 Déc - 15:27

La Fondation Robert Schuman a écrit:
Le 5 septembre dernier était rendue publique la décision du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, d'organiser des élections législatives le 2 décembre prochain. 107,2 millions de Russes de plus de 18 ans (- 600 000 par rapport aux élections législatives du 7 décembre 2003) sont appelés aux urnes. 6 000 candidats sont officiellement en lice pour ce scrutin qui constitue traditionnellement, en Russie, la répétition générale de l'élection présidentielle qui se déroule dans la foulée (2 mars 2008). 11 formations politiques ont été autorisées à se présenter aux suffrages des électeurs. 3 partis – le Parti vert (Z), l'Union nationale et le Parti de la paix et de l'unité – ont été refusés en raison de la non validité des signatures qu'ils ont présentées. Ainsi, si le Parti écologiste a présenté 70 000 soutiens électoraux, la Commission électorale a jugé que cette liste comprenait un nombre trop élevé de fausses signatures. "Nous avons dénombré 12 089 signatures non valides, soit 17,27%" a déclaré une responsable de la Commission électorale, Maïa Grichina. Un maximum de 5% de fausses signatures est autorisé dans les listes de soutiens !

Le système politique russe

L'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie est composée de 2 Chambres : le Conseil de la Fédération, Chambre haute, forte de 178 membres, et la Douma, Chambre basse, comprenant 450 députés élus pour 4 ans. La loi électorale a été modifiée depuis les dernières élections législatives de décembre 2003. Les députés sont désormais élus à la représentation proportionnelle intégrale à partir de listes fédérales qui peuvent compter jusqu'à 600 noms chacune, une mesure qui permet de gonfler le nombre de personnalités connues. Ainsi, Vladimir Poutine figure sur les listes électorales de Russie unie, parti dont il n'est pas membre ! S'il est élu, il ne siègera pas à la Douma. Jusqu'en 2003, si la moitié des membres de la Douma était élue à la représentation proportionnelle intégrale, les 225 autres étaient désignés au scrutin uninominal majoritaire de circonscription qui permettait, parfois, l'élection de députés indépendants.
En 2007, la Russie constituera une seule circonscription électorale et les suffrages attribués aux partis politiques seront cumulés à l'échelle du pays. Un minimum de 7% des voix (5% en 2003) est désormais nécessaire à un parti pour être représenté à la Douma. Cependant, la Constitution stipule qu'au moins 2 partis politiques doivent être représentés à la Douma. Par conséquent, dans le cas où un seul parti atteindrait plus de 7% des suffrages, la formation, arrivée en 2e position, entrerait à la Douma quel que soit le pourcentage de suffrages exprimés qu'elle obtiendrait. De plus, tout parti, recueillant plus de 3% des voix, se verra remboursé ses frais de campagne.
Vladimir Poutine a justifié le changement de mode de scrutin par le besoin de centralisation et d'unification du pays. C'est également cette raison qu'il a invoquée pour justifier l'abolition de l'élection des gouverneurs de régions au suffrage universel. Depuis 2004, ceux-ci sont désormais nommés par le Président !

Les règles du jeu électoral ont également été modifiées pour les partis politiques. Peuvent désormais avoir droit à cette qualification, et donc être en mesure de concourir aux élections, les groupes politiques rassemblant au moins 50 000 membres (10 000 auparavant) ou un minimum de 500 membres dans au moins 44 des 49 régions du pays. "Les partis doivent représenter une part significative de la population" indique Galina Fokina, chef du bureau de l'enregistrement des partis politiques. Les partis non représentés dans l'actuelle Douma doivent, en outre, déposer une caution de 60 millions de roubles (2 millions €) ou 200 000 signatures d'électeurs sans que plus de 10 000 proviennent d'une même région ou encore des Russes de l'étranger. Les députés ne peuvent désormais plus quitter leur parti sans prendre le risque de perdre leur siège ; enfin, l'obligation d'un seuil de participation minimum (50%) pour que les élections législatives soient déclarées valides a été supprimée tout comme la possibilité de voter "contre tous les candidats".

8 formations politiques sont représentées dans l'actuelle Douma:

- Russie unie, formation majoritaire soutenant Vladimir Poutine et dirigée par le porte-parole de la Douma et ancien ministre de l'Intérieur, Boris Gryzlov. Née en décembre 2001 de la fusion de trois partis (Unité, Patrie et Toute la Russie) et rassemblant plus d'un million de membres, le parti compte 223 députés ;
- le Parti communiste (KPRF), fondé en 1993, dirigé par Guennadi Ziouganov et fort de 180 000 membres, possède 52 sièges ;
- Rodina (Patrie), coalition rassemblant le Parti des régions, le Parti du renouveau national et le Parti socialiste uni, compte 37 députés ;
- le Parti démocrate libéral (LDPR), parti nationaliste et populiste fondé en 1989, dirigé par Vladimir Jirinovski, possède 36 sièges ;
- le Parti populaire compte 17 députés ;
- Iabloko (signifie "la pomme"), possède 4 sièges ;
- l'Union des forces de droite (SPS) compte 3 députés ;
- le Parti agrarien (APR) possède 2 sièges.

Le Conseil de la Fédération comprend 178 membres, soit 2 représentants du pouvoir législatif et exécutif pour chacune des 89 entités composant la Fédération de Russie (21 républiques, 6 territoires, 49 régions, 1 région autonome, 10 districts autonomes et 2 villes d'importance fédérale). La Russie est divisée en 7 circonscriptions fédérales (Centre, Nord-Ouest, Sud, Bassin de la Volga, Oural, Sibérie et Extrême-Orient), chacune étant dirigée par un représentant plénipotentiaire du Président.

Une seule question : quel avenir pour Vladimir Poutine ?

"Il est parfaitement établi que le Président Vladimir Poutine quittera son poste dans près d'un an et qu'un nouveau Président prendra sa place" affirmait le porte-parole adjoint de la Présidence de la Fédération de Russie, Dmitri Peskov, le 17 avril dernier. Deux mois plus tard, Vladimir Poutine déclarait au Figaro : "J'ai une idée de ce que je ferai mais je ne peux pas en parler. C'est trop tôt. Tout dépendra de la façon dont se déroulera le processus politique vers la fin de cette année et en 2008. Il y a plusieurs options possibles". Le 12 septembre dernier, il créait la surprise en nommant au poste de Premier ministre Viktor Zoubkov, ancien directeur de sovkhoze et, depuis 2001, directeur du service fédéral de surveillance financière chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, en lieu et place de Mikhaïl Fradkov, en poste depuis mars 2004. Beaucoup d'analystes politiques spéculaient sur la nomination de Sergueï Ivanov, ancien ministre de la Défense promu vice-Premier ministre en février 2007, ou de Dmitri Medvedev, également vice-Premier ministre. La nomination de Viktor Zoubkov, inconnu de 85% des Russes, n'est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine par son prédécesseur à la tête de l'Etat, Boris Eltsine, en 1999. Viktor Zoubkov, 66 ans, a été l'adjoint de Vladimir Poutine au comité des relations internationales de la mairie de Saint-Pétersbourg que dirigeait alors le Président. Le 14 septembre, la Douma entérinait sa nomination par 381 voix, contre 47 et 8 abstentions.

Le nouveau Premier ministre a placé la lutte contre la relance du complexe militaro-industriel, symbole du pouvoir russe sur la scène internationale (le budget de la défense a cru de 30% sous Vladimir Poutine) et la corruption au centre des priorités de son gouvernement. En tant que directeur du service fédéral de surveillance financière, il a contribué à ce que la Russie ne figure plus sur la liste noire du Groupe d'action financière (GAFI), organisme intergouvernemental chargé de lutter contre le blanchiment d'argent, même si le procureur adjoint, Alexandre Bouksman, estime le revenu annuel global de la corruption à 33,5 milliards $ en 2001 et 240 milliards en 2006, soit l'équivalent du budget de l'Etat durant ces 5 années !
La stratégie de Vladimir Poutine semble désormais claire à beaucoup d'analystes : la Constitution russe interdisant au Chef de l'Etat de briguer un 3e mandat consécutif, Viktor Zoubkov sera candidat et élu à la Présidence russe le 2 mars prochain, Poutine devenant alors Premier ministre. Ensuite, Viktor Zoubkov pourrait quitter ses fonctions avant la fin de son mandat en 2012, par exemple pour des raisons de santé, ce qui permettrait un retour de Vladimir Poutine à la tête de l'Etat. Président par intérim, il pourrait se présenter à l'élection présidentielle suivante et repartir, en toute légalité, pour 2 nouveaux mandats.

Interrogé sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle du 2 mars prochain, Viktor Zoubkov répondait le 13 septembre dernier : "Si en tant que Premier ministre, je parviens à réaliser quelque chose de sérieux, cette variante ne sera pas à exclure". De l'avis de tous, le Premier ministre ne peut envisager une candidature au poste suprême sans que Vladimir Poutine ne l'ait autorisé. "Diriger le gouvernement est une proposition parfaitement réaliste mais il est encore tôt pour y penser. Pour cela, il faut remplir au minimum deux conditions : que Russie unie gagne les élections législatives du 2 décembre prochain et élire comme Président un homme honnête capable efficace et modéré avec lequel on pourrait travailler en binôme" indiquait Vladimir Poutine le 1er octobre. Quant à Viktor Zoubkov, il soulignait en avril dernier : "Je crois que le meilleur choix comme Premier ministre après mars 2008 est Vladimir Poutine".
L'actuel Président a exclu de modifier la Constitution russe afin de se maintenir au pouvoir alors que beaucoup le poussaient à le faire. Afin de ne pas perdre sa crédibilité, Vladimir Poutine a donc choisi une autre voie, encore mystérieuse, pour conserver le pouvoir.

"C'est une grave erreur de penser que tout est fait : Vladimir Poutine comme Premier ministre, Viktor Zoubkov comme Président, suivi de la démission de Viktor Zoubkov et du retour de Vladimir Poutine au Kremlin" prévient le directeur du Centre des études politiques de Moscou, Sergei Markov. "Il restera au pouvoir. Où qu'il soit le centre du pouvoir sera autour de lui parce que c'est son équipe qui sera au pouvoir" affirme la politologue Olga Kryshtanovskaya qui a été la première en 2003 à imaginer un scénario dans lequel Vladimir Poutine deviendrait Chef du gouvernement à l'issue de l'élection présidentielle de 2008.

Vladimir Poutine aime à se comparer au 42e Président américain, Franklin D. Roosevelt (1932-1945), critiqué en son temps par les élites de son pays. "A la fin, son plan de développement a profité à tous et a conduit les Etats-Unis à occuper la position qu'ils ont maintenant dans l'économie et la politique mondiales. La Russie a besoin de cela encore 15/20 ans ; après, elle pourra passer en mode automatique et devenir plus libérale" indique le Président russe qui cite la conversion du rouble comme exemple de la marche de la Russie vers une économie plus libérale. Rappelant que sous Boris Eltsine le soulèvement politique a conduit la Russie dans l'impasse, il défend le système politique qu'il a mis en place : "Imaginez que des gens arrivent au pouvoir qui ne soient pas d'accord avec le développement du pays, il serait facile pour eux de renverser le système actuel ; il est donc très important que le Parlement puisse être efficace".

Vladimir Poutine a restauré l'Etat et l'ordre public dans un pays qui n'a jamais connu la démocratie ; aux yeux de nombreux Russes, il leur a rendu une certaine dignité après des années d'humiliation et d'appauvrissement consécutives à l'effondrement de l'Union soviétique à la fin des années 1980. Le Président, qui recueille près de 80% d'opinions positives, doit également sa popularité au retour de la croissance économique et de la stabilité politique. Cependant, la concurrence entre les différentes formations politiques s'est considérablement dégradée ces dernières années au point que Vladimir Ryzhkov, député et opposant à Vladimir Poutine, parle de "système partisan de Dresde" du nom d'un régime dans lequel à côté de la formation majoritaire n'existent que des partis marionnettes, strictement contrôlés par le pouvoir en place comme c'était le cas en République démocratique d'Allemagne avant 1989. "Les autres candidats n'apparaissant pas à la télévision, les gens ont l'impression qu'il n'y a pas d'alternative" explique le journaliste Grigori Pasko.

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MessageSujet: Re: Poutine vu de la France   Sam 1 Déc - 15:29

Citation :
"Environ 55% des Russes souhaitent que Vladimir Poutine reste au pouvoir. Mais ce n'est pas une majorité écrasante. Il n'est pas un démagogue à la Fidel Castro, Adolf Hitler ou Benito Mussolini. Les gens ne sont pas inquiets à l'idée de le voir devenir Président à vie, 51% des Russes disent qu'ils n'ont guère besoin d'élections qui sont l'affaire des autorités, pas des simples gens. Ils ne comprennent pas vraiment comment fonctionne la démocratie, sont indifférents aux programmes et favorables aux leaders forts" explique Lev Gudkov, directeur de l'institut d'opinion Levada. Une blague circule en Russie disant : "Alexandre Pouchkine est notre tout, Zourab Tsereteli est notre partout et Vladimir Poutine est notre toujours". Seuls deux hommes - Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine - ont quitté de leur plein gré le pouvoir en Russie.
Le 7 octobre dernier, 10 000 membres des Nachis (les Nôtres), mouvement de jeunes favorables à Poutine, défilaient dans les rues de Moscou pour célébrer son 55e anniversaire. Le même jour, quelques Russes rendaient hommage à Anna Politkovskaïa, journaliste assassinée un an plus tôt à Moscou.

La campagne des élections législatives

Le 1er octobre dernier, Vladimir Poutine acceptait de figurer sur la liste électorale de Russie unie, évoquant "l'indispensable maintien de la stabilité de l'Etat et la continuité de l'action politique" pour justifier sa présence. Dans une longue intervention télévisée fin octobre, il a mis en avant les résultats socioéconomiques de la Russie sous ses deux mandats à la tête de l'Etat, et notamment la croissance du PIB qui s'élève à 7,7% (+1 point), affirmant que ce bon résultat ne repose pas seulement sur les immenses ressources naturelles russes (pétrole, gaz, etc.) mais, pour 2/3, sur d'autres secteurs comme le bâtiment, les transports, les communications, le commerce et les investissements. Il a évoqué le niveau record des réserves d'or du pays (296 milliards €). Il a rappelé que le service militaire obligatoire passerait de 18 à 12 mois en janvier prochain.
L'inflation, qui atteignait 8,5% sur les 10 1ers mois de l'année 2007, reste cependant inquiétante. Le 24 octobre, le gouvernement a passé un accord avec les producteurs et les distributeurs de l'industrie alimentaire pour geler les prix de certains produits de base qui ont considérablement augmenté (+ 50% pour le pain). Si l'inflation est très liée au fonctionnement de l'économie (problèmes de distribution et de logistique), ce genre d'accords permet aux dirigeants de donner une image d'efficacité et de réel pouvoir, la population étant très souvent convaincue que l'inflation, comme l'ensemble des problèmes économiques du pays, sont le fruit de la conspiration et de la spéculation des producteurs et des distributeurs. Vladimir Poutine a décidé d'une hausse des pensions militaires et de l'augmentation des pensions de retraite le 1er décembre prochain, soit la veille des élections législatives (la Russie compte 38,2 millions de retraités).

Russie unie, seule formation politique autorisée à faire de la publicité ! a choisi comme slogan électoral "Le projet de Vladimir Poutine est la victoire de la Russie". Le parti au pouvoir répète que l'opposition n'existe pas en Russie, que les mouvements populaires ne sont en réalité que des complots ourdis par la CIA ou des groupes manipulés par des puissances étrangères et par l'Occident ne cherchant qu'à déstabiliser le pays. Conduite par le porte-parole de la Douma et ancien ministre de l'Intérieur, Boris Gryzlov, et par le ministre des Situations d'urgence, Sergueï Choïgou, Russie unie ne se voit qu'un réel adversaire : le Parti communiste. "C'est une formation avec une idéologie bien établie et avec son propre électorat. Nos plus grandes différences sont idéologiques. Elles portent sur le développement du pays, nous croyons que le programme du Parti communiste est néfaste à la Russie" affirme Oleg Morozov. Boris Gryzlov a pour objectif de recueillir au moins 60% des suffrages le 2 décembre prochain.

Le 28 octobre 2006, un nouveau parti, Russie juste (SR), est née de la fusion de Rodina, dirigé par Dimitri Rozoguine, avec le Parti des retraités (PP), dont le leader est l'actuel président du Conseil de la Fédération Sergueï Mironov, et le Parti de la vie (PJ). Ce parti, qui se situe sur la gauche de l'échiquier politique, soutient Vladimir Poutine et aspire à devenir le 2e parti du pays devant le Parti communiste. Il est cependant considéré par beaucoup comme un simple jouet de Vladimir Poutine à l'image de ce qu'a été Rodina créé par le Kremlin pour détruire le Parti communiste lors des élections législatives de décembre 2003. Se battant pour une plus grande justice sociale, il est, en réalité, chargé de fixer le vote protestataire.
Le 11 mars dernier, Russie unie s'est imposée aux élections locales qui se sont déroulées dans 14 régions (30 millions de Russes, soit 1/3 de la population, étaient appelés à renouveler leurs Parlements régionaux et municipaux) recueillant 44,05% des suffrages et 60% des sièges, contre 16,04% pour le Parti communiste, 15,53% pour Russie juste et 9,62% pour le Parti libéral-démocrate. 6 électeurs sur 10 ne se sont pas rendus aux urnes.

"Le projet du Parti communiste est celui du peuple" est le slogan choisi par le Parti communiste qui, comme toujours, se veut le protecteur de la classe ouvrière et l'ardent défenseur du rôle de l'Etat dans l'économie.
Le Parti libéral-démocrate a choisi de mener campagne sous le slogan "Retour à la campagne". L'agriculture, le logement et les routes constituent ses 3 priorités. "Les gens ont vécu sous différents régimes, communiste pendant 70 ans, démocrate pendant 20 ans et Poutine pendant les 8 dernières années. Aujourd'hui, ils ont réalisé qu'il leur fallait autre chose et cet autre chose, c'est le Parti libéral-démocrate" affirme Vladimir Jirinovski. Le leader populiste se bat pour la réunification des anciennes républiques soviétiques et la pratique de la langue russe dans tous les pays de l'ex-URSS. Le parti a accepté sur sa liste la présence d'Andreï Lougovoï, homme d'affaires dirigeant une entreprise de sécurité privée accusé par la justice britannique de l'assassinat, le 23 novembre 2006, d'Alexandre Litvinenko, opposant à Vladimir Poutine établi à Londres depuis l'année 2000. Les deux hommes se sont rencontrés le 1er novembre 2006 et ont partagé une tasse de thé à Londres avant qu'Alexandre Litvinenko ne tombe malade et ne meurt, empoisonné au polonium 210, un isotope radioactif rare, quelques semaines plus tard. Sur son lit de mort, Litvinenko a accusé Poutine d'avoir organisé son assassinat. En mai dernier, le Royaume-Uni a demandé aux autorités russes d'extrader Andreï Lougovoï, requête rejetée par la justice russe qui a invoqué le fait que la Constitution russe ne prévoit pas la possibilité d'extrader des Russes vers d'autres Etats. S'il est élu à la Douma le 2 décembre prochain, Andreï Lougovoï pourrait alors bénéficier de l'immunité parlementaire.

L'ancien champion du monde d'échecs, Gary Kasparov, est l'un des opposants à Vladimir Poutine les plus médiatisés. Membre de l'Autre Russie, parti créé en avril 2006 et qui rassemble des personnalités très hétéroclites, Gary Kasparov sera avec Viktor Gerashchenko, ancien gouverneur de la Banque centrale russe, et l'écrivain Eduard Limonov, leader du Parti national-bolchévique désormais interdit, tête de liste pour les élections du 2 décembre. L'Autre Russie a organisé, ces derniers mois, de nombreux rassemblements, souvent interdits, contre la politique de Vladimir Poutine. Arrêté place Pouchkine à Moscou et accusé de troubles à l'ordre public et d'organisation de manifestation illégale le 14 avril dernier, Gary Kasparov a dû s'acquitter d'une amende de 1 000 roubles (29 €). "Si le régime de Vladimir Poutine se maintient, l'Etat russe s'écroulera comme l'Union soviétique s'est écroulée; car ce genre de régime ne résistera pas à l'épreuve de la modernité" indique Gary Kasparov, ajoutant "n'essayez pas d'appliquer des critères occidentaux pour décrire ce qui se passe en Russie". Gary Kasparov s'est lancé en politique il y a deux ans : "j'ai toujours voulu défendre l'honneur de mon pays; je l'ai fait devant l'échiquier, je le fais en politique de la même façon. Il s'agit d'un autre jeu. Un jeu sans règles".
L'Autre Russie a obtenu le soutien de Mikhaïl Kassianov, ancien Premier ministre (2000-2004) de Boris Eltsine, et de Vladimir Ryjkov, député indépendant et président du Parti républicain qui a été interdit en raison d'un trop faible nombre de membres !

Le 20 octobre dernier, l'ancien Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a fondé un nouveau parti, l'Union des sociaux-démocrates. "Nous mettons nos espoirs dans ce que fait Vladimir Poutine" a affirmé l'homme de la perestroïka et de la glasnost qui déplore cependant la "restriction de l'espace de la politique publique et le manque de concurrence entre les formations politiques". L'Union des sociaux-démocrates ne pourra toutefois pas participer aux prochaines élections législatives, la date limite d'enregistrement ayant été fixée au 17 octobre !

La polémique fait rage entre la Russie et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Vladimir Poutine vient, en effet, de décider d'accueillir pour les élections législatives un nombre d'observateurs très inférieur à celui du scrutin de décembre 2003 (1 200 personnes avaient surveillé le déroulement des opérations électorales à cette époque dont plus de 400 observateurs de l'OSCE). L'OSCE avait d'ailleurs estimé à l'époque que les élections législatives n'avaient pas respecté tous les critères d'un scrutin démocratique ! Vladimir Poutine accuse l'OSCE de "parti pris" vis-à-vis de la Russie.

Selon une enquête d'opinion réalisée par l'institut VTsIOM les 27 et 28 octobre dernier, Russie unie pourrait recueillir 52,7% des suffrages (247 sièges), le Parti communiste 15,6% (82 sièges), Russie juste 9,3% (49 sièges) et le Parti libéral-démocrate 7,5% (40 sièges). Seuls 4 partis seraient donc représentés à la Douma.
L'institut d'opinion Levada a posé la question suivante : "Que pensez-vous du fait que Russie unie devienne officiellement, à l'image de ce qu'était auparavant le Parti communiste de l'Union soviétique, la principale force politique du pays, qui pourrait nommer les responsables de son choix aux postes de responsabilité ?". 49% se sont dit favorables à une telle chose. L'institut d'opinion VTsIOM a posé à peu près la même question d'où il ressort que 50% des Russes souhaitent un système de parti unique. Les plus jeunes (18-24 ans) et les plus âgés (+ de 55 ans) y sont les plus favorables, les premiers par indifférence, les seconds par nostalgie de l'URSS.
"Une seule certitude existe : les élections législatives de décembre 2007 et présidentielle de mars 2008 en Russie ne seront pas des scrutins libres, honnêtes et véritablement pluralistes" écrivait Marie Mendras, chargée de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), en avril 2007. Une opinion que partagent la grande majorité des Russes. "Le message est clair", indique l'analyste politique, Dmitri Oreshkin "nous ne pouvons pas laisser partir Vladimir Poutine". La campagne officielle a débuté le 3 novembre.

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MessageSujet: Re: Poutine vu de la France   Sam 1 Déc - 15:34

Citation :
Russie unie, outil de la stratégie de Poutine pour les élections

Par Guy Faulconbridge

MOSCOU (Reuters) - Le parti voué à remporter une large majorité lors des élections législatives du 2 décembre en Russie est organisé autour d'un concept assez simple: Vladimir Poutine.

Le programme de Russie unie est appelé "Le Plan Poutine"; le président russe, toujours populaire, est tête de liste; son nom, ainsi que son visage, figurent sur les tracts électoraux.

Le recours à l'image de Poutine ne servira pas que le parti. Russie unie a pour mission de faire en sorte qu'après le scrutin Poutine, 55 ans, conserve encore pouvoir et influence quand il devra quitter ses fonctions, l'an prochain.

Les dirigeants du parti ne s'en cachent pas, d'ailleurs. "Nous devons préserver le statut de leader national de Vladimir Poutine au moyen des élections. C'est un référendum national en faveur de Poutine", a déclaré ce mois-ci le chef du parti, Boris Grizlov.

"Le rôle de Vladimir Poutine en tant que leader sera entièrement garanti par le parti et sa majorité parlementaire."

Poutine devra quitter la présidence à l'issue de son deuxième mandat consécutif de quatre ans, le maximum permis par la constitution. Il a fait savoir clairement qu'il comptait continuer à peser en politique.

On ignore encore comment il va procéder, mais une victoire écrasante de Russie unie aux législatives constitue l'un des axes de sa stratégie pour y parvenir, selon des analystes.

OBJECTIF: FAIRE DE LA RUSSIE UNE GRANDE PUISSANCE

Voici certaines de ses options:

* Une victoire haut la main de Russie unie obligera le successeur de Poutine à respecter le programme du parti. Il a dit qu'un tel résultat lui donnerait un "droit moral" de demander des comptes au prochain gouvernement.

* Poutine pourrait devenir le prochain dirigeant du parti, ou Premier ministre sous le prochain président. La nomination d'un Premier ministre doit être approuvée par les députés, et il faudrait donc à Poutine un large soutien parlementaire.

* Certains analystes pensent que Russie unie, si elle dispose d'assez de sièges pour le faire, pourrait proposer des amendements constitutionnels qui pourraient entraîner un affaiblissement du pouvoir présidentiel et renforcer le rôle de Poutine.

Le programme électoral de Russie unie - "Le Plan Poutine - Un avenir digne d'un grand pays" - est un florilège de discours de Poutine, et le parti dit vouloir poursuivre sa politique.

"Le Plan Poutine a défini la direction du développement futur de la Russie", peut-on lire dans le programme. "Le pays a un dirigeant national - le président Vladimir Poutine (...). Notre objectif stratégique est de faire de la Russie une grande puissance."

Russie unie compte se servir de la vigoureuse croissance économique du pays pour améliorer le niveau de vie et les retraites tout en stimulant la natalité et en renforçant l'armée, des priorités définies par Poutine.

"MYTHE, CLICHE, PROPAGANDE"

Son programme semble plaire aux électeurs. Selon des sondages, Russie unie va remporter plus de 60% des suffrages le 2 décembre tandis que ses principaux concurrents, les communistes, n'atteignent pas les 10%.

Mais les opposants à Russie unie jugent ce parti totalement creux.

"Russie unie n'a pas d'idéologie, il n'y a pas de Plan Poutine, c'est juste un mythe, un cliché et de la propagande", a déclaré à Reuters le chef du Parti communiste, Guennadi Ziouganov. "Russie unie n'existe pas sans Poutine."

Selon lui, "ils tentent de créer une nouvelle version du Parti communiste soviétique et s'ils remportent une majorité, ils vont tenter de former un gouvernement et de nommer des candidats à la présidence".

Des leaders de l'opposition pensent en outre que le Kremlin fait pression sur Russie unie pour qu'il fasse au moins aussi bien que les 71,3% de suffrages remportés en 2004 par Poutine à l'élection présidentielle, pour ne pas donner l'impression que le soutien dont il jouit s'effrite.

La tâche sera ardue car, selon des analystes, de nombreux sympathisants pourraient choisir de ne pas aller voter tant la victoire semble assurée.

Poutine lui-même semble un peu mal à l'aise quand il s'agit de s'associer à Russie unie et il a qualifié ce mois-ci certains de ses membres de "vauriens".

Selon des analystes, Poutine pourrait également mettre en oeuvre, pour préserver son influence, une stratégie indépendante de Russie unie.

"Poutine est le leader national et sera le leader national après les élections, ce que je ne comprends pas, c'est comment", a déclaré Vladimir Semago, un député qui a annoncé son intention de quitter le parlement et de s'expatrier après les élections.

"Poutine peut exister sans Russie unie, par contre l'inverse n'est pas forcément vrai."

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MessageSujet: Re: Poutine vu de la France   Mar 12 Fév - 15:05


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